Informations pour les parents et la famille

Beaucoup d'enfants et de jeunes boivent de l'alcool et certains d'entre eux boivent en excès pour leur âge. Commencer à boire de l'alcool en excès à partir d'un âge relativement jeune s'accompagne souvent de la consommation d'autres drogues. Parfois, cette situation est accompagnée de «problèmes de comportement», mais pas toujours.

Ce que les parents et d'autres membres de la famille peuvent faire quand une personne de la famille boit trop, dépend :

  • de l'âge : en tant que parent, vous agirez, en effet, différemment selon que votre enfant a 14 ans ou 20 ans, par exemple ;
  • selon qu'il subsiste encore des échanges mutuels et qu'il est encore possible de se parler ;
  • du niveau de gravité de la consommation excessive d'alcool, car rentrer une fois 'ivre' à la maison, c'est autre chose que de boire en secret ou d'être ivre régulièrement.

1. Que pouvez-vous faire en tant que parent ?

Il est bien sûr impossible d'aborder ici en détails toutes les situations imaginables. Voici tout de même quelques indications à prendre en compte :

  • Vous pouvez, en tant que parent, fixer des limites et, si nécessaire, prendre des mesures de régulation. La plupart du temps, des accords clairs sont plus facilement intégrés par les enfants et les jeunes quand ils comprennent la raison d'une règle. Cela ne signifie toutefois pas qu'ils seront d'accord avec cette règle.
    Voir aussi : L'alcool et l'éducation »
  • Avec de jeunes enfants, il est encore assez facile de prendre des mesures de régulation. Vous pouvez arrêter de leur donner de l'argent de poche, les garder un temps à la maison ou leur retirer certains «privilèges» (GSM, regarder la télévision, jouer à des jeux informatiques, etc.). Mais simplement les punir ne fonctionnera généralement pas à plus long terme, même si cela peut être temporairement nécessaire.
  • En tant que parent, garder le contact avec ses enfants reste un défi constant. Surtout quand ils passent par toute une série de changements pendant leur puberté et leur adolescence. Si vous perdez le contact avec le monde de votre enfant (que vous l'approuviez ou pas), il arrivera souvent que vous n'y ayez plus aucune influence.
  • Tenez compte du fait qu'à mesure que vos enfants grandissent, ils attachent plus d'importance aux opinions de leurs pairs. Le besoin d'être accepté par un groupe de pairs est souvent vital pour les jeunes. Même si vous pensez, en tant que parent, qu'il est évident que votre fils/fille devrait boire moins, leurs amis peuvent parfois avoir un avis très différent sur le sujet.
  • Il est généralement inutile de vous soucier de ce que vous auriez pu faire de travers pour que votre enfant en soit arrivé à boire trop. Bien sûr, il y a eu des conflits par le passé et probablement que vous avez aussi fait des erreurs. Mais cela n'explique pas une consommation excessive d'alcool en soi. L'abus d'alcool et de drogues touche en effet aussi bien des jeunes qui ont grandi dans des familles équilibrées, que des jeunes issus de familles en difficulté. Une fois qu'une personne fait une consommation d'alcool excessive, elle trouve toujours de «bonnes raisons» pour continuer.
  • Si vous êtes confrontés, en tant que parent, à un blocage dans la communication avec des enfants qui grandissent, il peut parfois être intéressant d'en parler avec d'autres parents. Il peut être utile d'examiner la situation avec du recul ; peut-être que cela vous pourrait vous apporter de nouvelles idées. Toutefois, il peut arriver que vous soyez confrontés à certains commentaires inappropriés tels que "à mon avis, ce n'est pas vrai" ou bien "mets-le à la porte !". Dans ce cas, il vaut mieux mettre un terme à la conversation.
  • Continuez, en tout cas, à prendre soin de vous et de votre couple. Etre confronté, en tant que parent, à un enfant ou à un adolescent en difficulté, peut absorber beaucoup d'énergie. Parfois, vous courez le risque d'être «obnubilé» par le problème et de vous oublier. Vous ne pouvez pas vous «oublier» indéfiniment.

2. Que faire si vous avez encore des enfants ?

  • Si vous avez encore des enfants, ils sentiront sans aucun doute, tôt ou tard, que quelque chose ne va pas. Ils peuvent aussi se retrouver directement confrontés aux aspects les moins reluisants de la consommation d'alcool par leur frère/sœur. Dans ce cas, essayez de leur expliquer ce qui se passe. Faites-le à un moment où vous êtes calme et essayez de les encombrer le moins possible avec vos propres préoccupations.
  • Il se peut que vous vous occupiez d'un enfant/jeune en difficulté à un point tel que vos autres enfants ne reçoivent pas l'attention dont ils ont besoin. Certains enfants peuvent se révolter contre cet état de fait («il faut avoir des problèmes ici pour recevoir de l'attention ?»), d'autres auront plutôt tendance à se retirer ou bien feront comme si de rien n'était. Si vous remarquez des comportements de ce genre, essayez d'en parler et de vous entendre avec eux pour retrouver un certain équilibre.

3. Que pouvez-vous faire en tant que frère/soeur ?

Si votre frère/soeur connaît des problèmes d'alcool ou de drogue, cela vous affecte probablement aussi. Vous voulez aider, mais vous ne savez pas comment. Et si vous aidez, vous pourriez vous en mordre les doigts. Alors que vous connaissiez bien votre frère/sœur avant, il/elle est peut-être devenu(e) imprévisible pour vous. Il se peut qu'il/elle vous manipule, qu'il/elle vous demande de l'argent ou de garder certaines choses secrètes et vous ne pouvez plus compter sur lui/elle.

  • Essayez d'indiquer vos limites : qu'êtes-vous prêt(e) à faire et inversement. Lorsque les choses se corsent, parlez-en à vos parents ou à d'autres personnes en qui vous avez confiance. Faites-le, en tout cas, lorsque vous êtes manipulé(e) ou peut-être même l'objet d'un «chantage». Vous ne devez pas aider quelqu'un à votre détriment.
  • Si votre frère/sœur est l'«enfant à problème» à la maison, il/elle peut accaparer toute l'attention de vos parents. Alors que vous vous faites aussi du souci, que vous êtes en colère et triste par rapport à toute cette situation. Parlez-en régulièrement à vos parents. Demandez à vos parents de bien vouloir organiser de temps en temps une activité pour toute la famille. Convenez avec eux des moments auxquels vous avez vraiment besoin de temps pour vous-même.
  • Prenez soin de vous. Il est inutile de vous occuper en permanence des problèmes familiaux. Veillez à construire votre propre vie. Continuez à voir vos amis et faites des choses que vous aimez.

4. Que faire si la situation devient ingérable ?

  • Quand il s'agit d'un enfant, frère ou sœur, qui est gravement en difficulté dans de nombreux domaines, n'essayez pas de résoudre tous les problèmes découlant de la boisson. Vous l'avez peut-être fait quelques fois avec de bonnes intentions, ou parce que vous étiez honteux et que vous avez essayé de le cacher aux autres. Le fait d'agir ainsi de manière systématique n'aide pas le buveur à reconsidérer sa consommation. En effet, ce dernier ne se rend alors que très peu compte des inconvénients liés à sa consommation. Or, ce n'est qu'après avoir pesé le pour et le contre que naîtra la décision de changer de comportement. Faire disparaître la plupart des inconvénients ne permet pas d'avoir la motivation de changer de façon de consommer.
  • Quand la situation commence à devenir ingérable, il peut être conseillé de recourir à une aide professionnelle. Cela ne signifie toutefois pas que la consommation problématique se terminera immédiatement. Tout d'abord, le buveur peut nier qu'il y ait un problème et donc continuer à boire. Deuxièmement, les thérapeutes ne disposent pas de «techniques magiques» pour faire «prendre conscience» immédiatement aux buveurs excessifs de la situation. Troisièmement, même si le buveur voulait changer quelque chose à sa consommation, il s'agit généralement d'un processus fait d'essais et d'erreurs. Il n'existe donc pas de solutions rapides avec effet immédiat.
  • Même si le jeune en question n'est pas encore prêt à changer, il peut être utile pour ses parents de s'entretenir avec une personne extérieure ou de partager leurs expériences avec des parents se trouvant dans la même situation.
  • Si la situation a sérieusement dégénéré au sein de votre famille, vous pouvez alors penser à une «admission forcée» pour votre enfant. Cependant, vous devez savoir que cela peut être une procédure lourde. Les avantages d'un tel traitement forcé ne sont pas toujours aussi importants qu'il pourrait paraître à première vue. Mais, parfois, on n'a pas non plus d'autre choix.
    En savoir plus sur l'admission forcée ou collocation»

5. Où pouvez-vous trouver de l'aide ?

  • Vous pouvez toujours demander conseil à votre médecin de famille. Il connaît peut-être une aide plus spécialisée dans votre région.
  • Un certain nombre de services comme les Services de Santé Mentale (SSM), les Centres d'orientation des élèves (PMS), les CPAS..., offrent, tout comme le médecin de famille, une prise en charge et un soutien de première ligne.
  • Vous pouvez aussi vous adresser, pour une aide plus spécialisée, à un centre de soins ambulatoires, comme un centre de soins de santé mentale. La plupart de ces centres de soins ambulatoires reçoivent une subvention de la part des pouvoirs publics, ce qui leur permet de ne demander qu'une faible contribution financière à leurs clients. Certains de ces centres sont spécialisés dans les problèmes d'abus d'alcool, d'autres dans les problèmes d'abus de sustances illicites. Dans ce cas, ils s'intéressent aussi aux membres de la famille de buveurs excessifs. Parfois, ils proposent des groupes spécifiques pour les parents.
    Voir le site: guide d'adresses sur le portail drogues.
  • Vous trouverez de plus amples informations sur le site Web de Infor-Drogues.
  • Vous pouvez contacter anonymement Infor-Drogues: 02/227 52 52de 8h à 22h du lundi au vendredi et de 10h à 14h le samedi, ou via l'e-permanence
  • Vous pouvez vous adresser 24h/24 à Télé-Accueil au numéro 107. Ce service peut aussi vous fournir des adresses utiles. Vous pouvez, par ailleurs, laisser un témoignage si vous le souhaitez.
  • Vous pouvez également faire appel à un groupe de soutien d'Al-Anon (issu des AA, mais il s'agit d'une organisation indépendante).
    http://www.al-anon.be/ ou tél. : 02/216.09.08 tous les jours de 9h à 22h.
  • Si vous avez des questions sur des matières juridiques, vous pouvez vous adresser à votre Maison de Justice locale ou à un avocat.

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