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Alcool et douleur chronique

La douleur est un mécanisme de protection naturel. Elle nous avertit d'un dysfonctionnement de l'organisme auquel nous devons faire attention. Ce mécanisme nous empêche également de prendre des risques inutiles, comme se placer trop près d'un feu. 

Douleur aiguë et chronique

alcool douleur chroniqueQuand la douleur agit comme signal d'alarme ponctuel, on parle de douleur aigüe.A l'inverse, on parle de douleur chronique si celle-ci dure plus longtemps que nécessaire.

Les douleurs chroniques peuvent persister suite à d’anciennes blessures ou accompagner des maladies chroniques (comme l’arthrite ou le cancer). Bien qu’il soit parfois possible d’identifier la ou les cause(s) précise(s) de la douleur chronique, ce n’est pas toujours le cas, comme dans le cas de la fibromyalgie. Pourtant, la douleur est bien réelle. Il s’agit alors de pouvoir gérer cette douleur de manière continue.Selon une étude réalisée par J. Fricker et Mundipharma en 2003,  environ ¼ de la population belge souffre de douleur chronique (5). Lorsqu’une personne souffre de douleurs chroniques, dans l’appréhension quotidienne de ses souffrances, elle peut devenir plus anxieuse, plus morose. Elle entend (souvent) : « c’est dans ta tête que cela se passe », se sent incomprise et en vient à éviter le contact des autres.

Conséquences d'une douleur chronique

La douleur chronique peut faire basculer une vie, ayant un impact sur le bien-être physique, psychique et social.

 

  •  Au niveau physique, il est possible de noter, par exemple, des troubles du sommeil ou encore des troubles de l’appétit.
  •  Au niveau psychique, cette douleur a tendance à accaparer l’attention et, souvent, il n’est plus possible de faire ce qui auparavant paraissait normal. Vient alors parfois la sensation de ne plus être aussi performant que les autres. Tout cela peut engendrer de la tristesse et/ou de l’anxiété.
  •  Au niveau social, la douleur joue un rôle dans la relation aux autres. La personne peut se sentir isolée ou incomprise de son entourage, qu’il soit privé ou professionnel.  

 

Ces sentiments, mêlés à l’incompréhension de l’entourage, peuvent rendre la douleur encore plus insupportable. C’est un cercle vicieux qui se met alors en place et qui intensifie la présence quotidienne de la douleur.

Les antidouleurs ou analgésiques

Il est souvent conseillé à la personne atteinte de douleur chronique de prendre des analgésiques sur le long terme afin d'améliorer sa qualité de vie. Bien que compréhensible, la prise de ces médicaments au long cours n’est pas sans risques:

  • Premièrement ils peuvent endommager l'estomac, les reins, le cœur ou le foie.
  • Deuxièmement, leur prise régulière peut paradoxalement provoquer des maux de tête. Ce phénomène est appelé « la céphalée médicamenteuse[1] »
     
  • Troisièmement une consommation longue ou excessive de certaines substances peut entraîner une addiction physique et/ou psychique, en particulier pour les analgésiques dits narcotiques qui contiennent de la codéine ou de la morphine.

    La seule manière de s'en débarrasser consiste à arrêter la prise d’antalgiques. Ce processus est souvent laborieux et l'on conseille alors, en général, un accompagnement par un médecin pour faciliter le sevrage progressif et un suivi psychologique pour soutenir le changement et la gestion de l’angoisse liée à la réduction.

     

La douleur et l'alcool

Effets recherchés

Lorsque l’on souffre de douleurs chroniques, il arrive de consommer de l'alcool pour gérer les douleurs. L'alcool peut alors agir de deux manières différentes :

1.     Il fonctionne comme un analgésique et peut donc permettre d'atténuer la douleur.

2.     L'alcool peut modifier l'humeur, rendre plus joyeux et plus actif, ou encore apaiser des sentiments d'angoisse. Cette modification permet alors d’oublier la douleur.

Dans de telles situations, la consommation d'alcool peut devenir problématique si la personne emploie invariablement l'alcool pour obtenir les effets décrits plus haut. Une consommation fréquente ne peut d'ailleurs en aucun cas constituer un remède contre la douleur, la tension ou l'angoisse. Même si ceux-ci sont anesthésiés sous produit, ils reviennent souvent de manière plus importante une fois l’alcool éliminé.

 

 Quels en sont les inconvénients ?


  • Les effets recherchés (diminution du ressenti douloureux, meilleure humeur) disparaissent aussi rapidement que le taux d'alcool redescend.
  • Après les premiers verres, la personne peut ressentir une sensation de soulagement et de détente mais ensuite, l'alcool a pour effet de renforcer des sentiments négatifs. De plus, plus on boit fréquemment et en grandes quantités, plus on renforce ces sentiments négatifs, et par conséquent les risques de morosité générale ou de dépression.
  • Une accoutumance (ou tolérance)  s'installe, ce qui pousse à boire de plus en plus pour obtenir le même effet. 
  • Après coup, la personne se sent mal d'avoir autant bu, car elle ressent les effets de la fameuse «gueule de bois». Son corps est alors plus sensible à la douleur. Fragilisée, elle pense à boire pour tenter de soulager cette douleur. Progressivement, un cercle vicieux s’installe.
  • Avoir une bonne condition physique facilite la gestion de la douleur. Boire trop d’alcool dégrade cette condition et vous prive d’une importante ressource. Ce lien de cause à effet est renforcé par la prise d’analgésiques. Avec, comme conséquences de ce double facteur, par exemple : apathie, confusion, etc.
  • Le foie s'occupe de la décomposition (partielle) de nombreux analgésiques. Le fait d'y ajouter l'élimination de l'alcool perturbe plus encore le fonctionnement de cet organe.

Composer avec la douleur chronique

Composer avec la douleur chronique est loin d'être un jeu d'enfant. Voici quelques indications qui pourront vous guider.

  •  Demandez à votre médecin de vous fournir des informations détaillées sur la lutte contre la douleur.
  •  Faites appel à un centre multidisciplinaire de traitement de la douleur. Il en existe 35 en Belgique, en lien avec des hôpitaux. Dans ceux-ci des médecins, des algologues, des kinésithérapeutes, des psychologues et des infirmiers examineront et diagnostiqueront votre douleur. La douleur chronique résulte de modifications profondes et durables du fonctionnement de la personne dans trois domaines : biologique (dysfonctionnement du système nociceptif, le « système de la douleur »), psychologique (altérations émotionnelles, cognitives et comportementales) et social (difficultés familiales et professionnelles).  La prise en charge des patients doit donc se centrer sur ces trois axes.  L’objectif premier de la prise en charge est d’aider le patient à mieux gérer la douleur et ses conséquences pour acquérir plus d’indépendance fonctionnelle, une meilleure qualité de vie, et encourager sa réinsertion sociale et professionnelle. Il est donc important de pouvoir bénéficier d’un suivi multidisciplinaire et réadaptatif. Pour plus d'informations cliquez ici.
  •  Vous pouvez vous renseigner sur les équipements ergonomiques qui peuvent diminuer vos douleurs. Par exemple, des sièges ou matelas adaptés.
  •   N’hésitez pas à diversifier vos sources de détente. La douleur chronique est souvent renforcée par des facteurs psychiques, la solution ne se trouve pas uniquement dans les traitements médicamenteux. Plus on est tendu nerveusement, plus on ressent la douleur. Tout ce qui aide à se détendre et à focaliser son attention sur d'autres sujets peut donc servir à adoucir la douleur.
  •  Il est utile de tenir à jour un «journal de bord de la douleur» pendant quelques semaines, afin d'obtenir une meilleure image de sa situation personnelle. On y notera tout ce que l'on a fait, ce que l'on a ressenti, ainsi que ce qui semble permettre de trouver le meilleur équilibre possible entre la capacité de résistance et la charge de la douleur, pour composer avec celle-ci. En effet, une douleur chronique peut modifier un comportement. On peut ainsi avoir tendance à éviter de nombreuses activités de peur d'avoir plus mal, et donc diminuer sa condition physique. Tout comme le phénomène opposé peut aussi se produire, à savoir que l'on niera la douleur, donnant lieu à une fatigue excessive.
  •  La douleur chronique exerce aussi une influence sur l'entourage. Il est donc essentiel d'en parler afin d'arriver à une situation claire pour tous : entre ce que vous êtes capable de faire ou de ne pas faire et les aides qui peuvent vous être apportées.
  •   Les personnes qui ne souffrent pas de douleurs chroniques ont souvent des difficultés à comprendre ce que vous endurez. Un contact avec des personnes qui se trouvent dans le même cas que vous peut alors aider (par exemple : fibrocafé). Pour plus d'informations à ce sujet cliquez ici.

 

[1] Lorsqu’une personne prend de manière régulière des médicaments pour soulager sa douleur, son corps va s’habituer à cette substance et elle devra donc augmenter la prise pour ressentir le même effet. Un cercle vicieux va donc se mettre en place. Le cerveau étant habitué à fonctionner avec ces substances, les réseaux de douleur deviennent plus actifs et des maux de tête vont apparaitre.
 
  1. http://www.saintluc.be/presse/communiques/2010/2010-02-22-dossier-presse-douleur.pdf
  2. http://www.rtbf.be/info/societe/detail_35-centres-mutidisciplinaires-de-traitement-de-la-douleur-en-belgique?id=8028952
  3. http://www.solidaris-liege.be/servlet/Repository/brochure-vivre-avec-sa-douleur.pdf?IDR=10814
  4. http://www.vision-sante.net/cephalee_medicamenteuse.html
  5. http://www.paineurope.com/docs/default-source/default-document-library/openminds-pain-in-europe-survey.pdf, P. 12
  6. Migraine québec. (2012). La céphalée médicamenteuse, feuillet d’information n°3. Consulté en ligne le 1er juillet 2016 : http://migrainequebec.com/images/stories/PDF_patients/5_cephalee_med.pdf
  7. CHU Montreal. (2013). La céphalée médicamenteuse : briser le cercle vicieux. Consulté en ligne le 1er juillet 2016 : http://www.chumontreal.qc.ca/sites/default/files//documents/Votre_sante/PDF/cephalee-medicamenteuse.pdf

 

 

 

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Alcool et douleur chronique

La douleur est un mécanisme de protection naturel. Elle nous avertit d'un dysfonctionnement de l'organisme auquel nous devons faire attention. Une douleur peut ainsi être le signal d'une inflammation ou d'une brûlure. Ce mécanisme nous empêche également de prendre des risques inutiles, comme par exemple se placer trop près d'un feu.

Douleur aiguë et chronique

Quand la douleur agit comme signal d'alarme ponctuel, on parle de douleur aigüe.

A l'inverse, on parle de douleur chronique si celle-ci dure plus longtemps que nécessaire. Il n’est alors plus question d’un signal d’alarme. Les douleurs chroniques peuvent persister suite à d’anciennes blessures ou accompagner des maladies chroniques (comme l’arthrite ou le cancer). Bien qu’il soit parfois possible d’identifier la ou les cause(s) précise(s) de la douleur chronique, ce n’est pas toujours le cas, comme dans le cas de la fibromyalgie. Pourtant, la douleur est bien réelle. Il s’agit alors de pouvoir gérer cette douleur de manière continue.

Selon une étude réalisé par J. Fricker et Mundipharma en 2003,  environ ¼ de la population belge souffre de douleur chronique (5). 

Lorsqu’une personne souffre de douleurs chroniques, dans l’appréhension quotidienne de ses souffrances, elle peut devenir plus anxieuse, plus morose. Elle entend (souvent) : « c’est dans ta tête que cela se passe », se sent incomprise et en vient à éviter le contact des autres. 

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